Dernière modification 15 janvier 2026 par Jarjar
Aperçu
Ayar: Children of the Sun est le troisième jeu d’une série publiée par Osprey Games, aux côtés de deux autres jeux de l’auteur Fabio Lopiano, Merv: The Heart of the Silk Road et Sankoré: The Pride of Mansa Musa. Cet auteur a également créé les jeux Shackleton Base (très bon jeu d’ailleurs) et Autobahn.
Ayar: Children of the Sun est un jeu qui retrace le mythe fondateur des Incas. Les joueurs contrôlent l’un des premiers clans, voyageant avec les Ayars (huit enfants des dieux du soleil et de la lune) à travers les Andes, où ils apprennent et perfectionnent des compétences en agriculture, poterie, tissage et construction de radeaux de roseaux. Au-delà de développer leur propre clan, les joueurs doivent influencer les progrès des Ayars pour assurer la survie de ceux qui récompensent les compétences qu’ils ont développées. Le jeu se distingue par un système de scoring unique basé sur deux points différents, le Soleil et la Lune, où seul le plus bas des deux détermine le score final, créant une certaine tension où vous devez équilibrer votre dévouement entre les deux divinités.
L’ORIGINE DU TITRE
Selon la mythologie inca, le dieu Inti (le soleil) aurait envoyé quatre frères et quatre sœurs, les Ayars, depuis l’île du Soleil (Isla del Sol) sur le lac Titicaca pour fonder une nouvelle civilisation. Ces enfants du soleil ont voyagé à travers les Andes à la recherche du lieu idéal pour établir leur empire. Les quatre frères principaux étaient Ayar Manco (qui devint Manco Capac, le premier Inca), Ayar Auca, Ayar Cachi et Ayar Uchu, ainsi que leurs sœurs respectives, avec lesquelles ils se sont mariés pour perpétuer la descendance royale inca.
C’est un concept très important repris dans ce jeu, qui s’appuie sur l’idée que la civilisation inca a été fondée par des êtres d’origine divine, directement issus du soleil. Le titre du jeu « Ayar: Children of the Sun » fait justement référence à cette mythologie.

FAIT SUR L’ÉDITEUR
Osprey Games affiche des engagements en matière de responsabilité sociale et d’éthique dans sa chaîne d’approvisionnement. (https://www.ospreypublishing.com/media/ufnpht03/modern-slavery-statement-2025-final.pdf)
La question du travail des enfants représente un enjeu majeur dans l’industrie manufacturière, particulièrement en Asie de l’Est où la majorité des jeux sont produits. Les éditeurs de jeux responsables appliquent généralement des critères stricts et des audits pour s’assurer que leurs fournisseurs respectent des standards éthiques, notamment :
L’interdiction du travail des enfants
Des conditions de travail sécuritaires
Des salaires équitables
Le respect des droits des travailleurs
C’est sans doute un facteur qui contribue aux prix plus élevés de leurs jeux, puisque travailler avec des fournisseurs certifiés et auditer leurs pratiques coûte généralement plus cher que de simplement acheter au meilleur prix possible.
Mes première impressions
Le jeu possède une belle présence sur la table malgré ses couleurs plus ternes. Les plateaux sont clairs, l’iconographie est correcte et la direction artistique s’inspire des symboles andins. Le puzzle central du jeu est très bien réussi et les mécaniques de pointage sont agréables à gérer.

Le jeu n’est pas difficile à prendre en main, mais il exige une bonne lecture du jeu. Il apporte son lot de frustrations et de plaisirs, et sa mécanique globale sort vraiment de l’ordinaire. Le retrait des Ayars des pistes à mesure que les rondes passent crée une pression intéressante sur les décisions.
Les nombreuses tuiles tapis qu’on doit installer en piles sont facilement accrochables et n’arrêtent pas de tomber. Au final, on en crée plusieurs, mais il aurait été bien de prévoir quelque chose pour mieux les distribuer.
À chaque tour, les joueurs choisissent une activité parmi quatre options. Ces mêmes quatre activités servent à la fin de la manche pour l’attribution des points Lune, mais l’ordre et le timing de ces sélections sont déterminants pour maximiser les points obtenus.
Concernant les points Soleil, ils sont marqués selon certaines positions atteintes lors du déplacement des Ayars, et selon le nombre de symboles Soleil disponibles dans l’une des quatre activités. Ces points sont reportés sur un cadran qui est ensuite évalué à la fin de la manche. Les points accumulés sur le cadran sont cumulatifs d’une manche à l’autre. C’est le cœur du jeu et il faut bien lire les pistes et choisir les bonnes activités à prioriser, pas toujours évident !
Le jeu comporte différents éléments, tels que les jetons Viracocha, qui peuvent être gagnés à partir de chaque activité et appliqués pour débloquer des améliorations sur le plateau du joueur. Impossible de toutes les faire, il faudra les choisir judicieusement.
C’est un jeu dispendieux. Pour un prix de cette tranche, on se serait certainement attendu à des plateaux à double couche, au minimum ! Mais bon, il semble qu’Osprey Games ait une façon de produire qui coûte plus cher que les autres maisons d’édition.

COMPTE RENDU PARTIE DU 19 DÉCEMBRE
Nous avons joué à 3 joueurs. La mécanique principale est vraiment amusante ; on a l’impression de jouer à quatre petits jeux en un (comme dans Sankoré, d’ailleurs). Le bonus qui accorde 6 soleils par bonus personnel débloqué semble très puissant, peut-être même trop. À confirmer lors d’autres parties. Seul mon fils l’a débloqué et il a complètement explosé le score des points soleil, amassant 24 points directs en fin de partie. Cela me laisse penser que si un joueur le débloque, les autres doivent absolument en faire autant pour rester compétitifs, et ça m’agace un peu, à moins que j’aie manqué quelque chose ? Nous avons joué notre partie en 95 minutes. Nous avons tous apprécié, même si ma conjointe a trouvé qu’il y avait beaucoup de choses à surveiller.

FICHE TECHNIQUE
Nombre de parties jouées : 3 (solo et à 3 joueurs)
Meilleure configuration de joueurs : 3
Prix payé : 134$CAN
Niveau : joueur averti (Complexité BGG : 3.13/5)
Mon meilleur pointage : 87 (Soleil)
MES PREMIÈRES IMPRESSIONS
J’ai aimé :
>> La mécanique du déplacement et retrait des Ayars est bien pensée !
>> Un jeu de bonne qualité avec assez de complexité pour satisfaire les joueurs aimant réfléchir, sans être trop écrasant.
>> Une belle production moderne qui mélange le thème mythologique inca et des mécaniques profondes, tout en restant très fluide.
>> Bonne interaction.
>> Bon rangement.
J’ai moins aimé :
>> Même s’il y a une explication très humaine, le prix reste excessif ! Surtout pour ce qu’il contient.
>> Quelque chose pour distribuer les tuiles-tapis aurait pu être envisagé ; les piles tombent souvent en les accrochant.
>> Certaines critiques parlent d’un manque possible de rejouabilité. Effectivement, aucun nouvel élément à chaque partie hormis l’ordre de scoring. Cependant, les joueurs font face à plusieurs choix, et comme le timing est important, chaque partie est très différente selon la façon dont ils jouent.

Ce jeu de poids moyen séduira les amateurs de mécanique de gestion fine et de scoring réfléchi. Son thème immersif basé sur la mythologie inca crée une atmosphère intéressante, tandis que le gameplay alterne judicieusement entre choix tactiques immédiats et planification stratégique à plus long terme.
FACTEUR FUN 🙂🙂🙂🙂