Dernière modification 15 mai 2026 par Jarjar
ATTENTION : Divulgâchis (spoiler)
Un compte rendu d’une session à deux joueurs du premier scénario de la boite de base (1ʳᵉ édition – 2016) du jeu Arkham Horreur, le jeu de cartes. Histoire de vous mettre dans dans l’atmosphère sombre et oppressante de ce jeu, ce scénario se veut une excellente introduction à l’univers et à ses mécaniques principales.
Au cours de la semaine écoulée, les signalements d’altercations physiques entre résidents, déclenchées par de simples malentendus, ont connu une forte augmentation. De plus, plusieurs habitants de la ville auraient mystérieusement disparu. Leurs corps ont récemment été retrouvés dans les bois, mutilés et à moitié dévorés.

Le détective Roland Banks (mon copain Jeff) et moi-même, le professeur Harvey Walters, nous réunissons chez moi. Discutant dans la salle d’étude, des sons étranges nous parviennent du salon. Tandis que l’un de nous se précipite pour découvrir de quoi il s’agit, la porte de la pièce disparaît.
En réunissant assez d’indices, nous franchissons enfin le seuil de la salle d’étude. Nous découvrons avec horreur que le sol de la maison s’est littéralement dérobé pour laisser place à un abîme surnaturel, tandis que les murs de ma demeure centenaire semblent avoir été les témoins d’un rituel dépassant l’entendement.
De cet abîme, le Prêtre-Goule émana. Après un dur combat, l’angoisse redouble au lieu de s’apaiser. Le cadavre du Prêtre-Goule gît encore à nos pieds, s’évaporant dans une odeur de soufre et de charogne, mais sa défaite n’a rien d’une victoire.

Non loin du Prête-Goule se tenait une femme, Lita Chantler ; sous ses airs de fugitive échappée d’un asile, elle était en réalité une chasseuse de monstres traquant la Secte de l’Indomptable depuis déjà un certain temps. En suivant la piste des disparitions mystérieuses et des horreurs qui frappent Arkham, ses recherches l’ont menée droit vers ma demeure. Elle avait compris, bien avant nous, que ma maison était devenue l’épicentre des activités des goules.
D’après ses découvertes, une secte de cultistes protège ces créatures qui rôdent dans un réseau de tunnels enfouis sous la ville. Pour Lita, ma demeure n’est plus un simple bâtiment : c’est l’épicentre d’une infestation. Le salon, en particulier, sert désormais de portail entre notre monde et l’abîme. Estimant que le bois et la pierre sont irrémédiablement « souillés », elle soutient que l’incendier reste le seul moyen de sceller cette entrée et d’anéantir les monstres qui s’y terrent. Cependant, nous nous sommes fermement opposés à cette solution radicale.

Nous avions jusqu’à minuit, ce soir-là, pour arpenter la ville et débusquer le plus de membres possible de cette sombre secte.
Malheureusement, le bilan est sinistre. Nous avions pour mission de neutraliser six de ces fanatiques, que ce soit en les ralliant à notre cause ou en les éliminant définitivement. Nous nous sommes épuisés à les traquer dans les recoins les plus obscurs de la ville, mais la récolte fut dérisoire : un seul a pu être mis hors d’état de nuire, tandis que les cinq autres rôdent toujours dans l’ombre, invisibles.
Malgré l’épuisement, nous avons fini par découvrir leur lieu de culte. Contre toute attente, les cinq qui nous avaient échappé se dressèrent pour nous barrer la route. Roland dut alors employer les grands moyens : le fracas de la dynamite déchira le silence occulte, m’offrant une chance infime de me faufiler à l’intérieur afin d’interrompre l’appel d’Umordhoth.

Mais le rituel était déjà trop avancé. Ce qui a surgi des ténèbres n’était pas de ce monde, et nos armes n’étaient que de dérisoires jouets face à une telle abomination. La chose s’est enfoncée dans les ruelles, emportant avec elle une insupportable odeur de mort.
Alors ce soir, mes amis, calfeutrez-vous ! Ne quittez pas la lumière et scrutez les angles morts de votre jardin… car une créature innommable rampe désormais dans l’ombre de votre voisinage !
