Orloj : The Prague Astronomical Clock (2025) – Un spectacle visuel derrière une mécanique classique


Dernière modification 24 mai 2026 par Jarjar

Aperçu
Orloj est un jeu de pose d’ouvriers classique où les joueurs incarnent des maîtres bâtisseurs rivaux cherchant à contribuer à la légendaire horloge astronomique de Prague, en construisant son calendrier, son carillon des Apôtres et ses sphères du zodiaque. À chaque tour, on place des ouvriers sur le cadran de l’horloge pour effectuer des actions principales et secondaires, avec la possibilité de forcer le mécanisme pour plus de flexibilité, mais au risque de déviations à corriger avant que le coq ne chante. Le jeu se déploie sur trois axes de développement (Astronomie, Ingénierie, Spiritualité) et se termine lorsque le calendrier est complété, le joueur avec le plus de points d’harmonie l’emportant.

Partie en cours

Mes premières impressions
Quand on regarde les nombreuses images du jeu sur le web et lorsqu’on voit pour la première fois le plateau, c’est hyper chargé, joli et très intrigant. Mais il ne faut pas se laisser intimider par ce chargement, en fait pour moi, ça m’a attiré, ce n’est pas si pire finalement, on est loin d’une Lacerda (quoique c’est assez séquentiel) ! La fille de mon ami Jeff avait à peine mis le pied dans l’entrée de la maison qu’elle a vu le jeu sur la table et a dit : « oh wow, c’est donc bien beau ce jeu ! »

Et on ne révolutionne absolument rien dans ce jeu, c’est de la pose d’ouvriers bien classique, de l’échange de ressources et de la progression sur différentes pistes avec bonus. Là où le jeu accroche plus, c’est dans sa présentation visuelle et particulièrement la double rondelle d’action qui sort de ce qu’on a déjà vu, mais je dirais que c’est tout ! On a toujours quelque chose de bon à faire à notre tour, donc pas vraiment de pression. Grâce à la déviation, on peut presque toujours trouver des combos payants, plus la partie avance et plus on devient efficace (on peut tourner la roue de plus en plus loin).

À 2 joueurs, il y a de la place, je ne me suis jamais senti serré, les ressources coulent à flot, on se retrouve souvent avec un surplus, qu’on finit par dépenser souvent en les convertissant en or (3 ressources donnent un or). Et l’or est précieux, car il nous permet de construire l’horloge. Seul endroit d’ailleurs où le jeu offre un peu plus de blocage. Oui, à l’occasion, on peut se dire « ah, tu as trop tourné la roue ! », rendant inaccessible une action convoitée, surtout en début de partie.

Source : BGG

On y retrouve plusieurs sections sous forme de mini-jeux, où la plupart des actions se répètent. Certains tours demandent une bonne réflexion pour maximiser les combos. Je ne pense pas qu’à 4 ce jeu soit le fun, car les roues bougent constamment, tu ne peux rien vraiment planifier entre les tours, et avec certains combos longs à exécuter, il peut y avoir un bon downtime.

FAITS SUR LE JEU
Le cadran astronomique, la partie la plus ancienne de l’horloge, remonte à 1410, mais le jeu se déroule vers 1865, quand le carillon des apôtres et le calendrier peint par Josef Mánes ont été ajoutés à l’horloge. Les designers ont ainsi préféré se concentrer sur ce tournant historique plutôt que de couvrir l’intégralité du passé de l’Orloj.

Source : BGG

Les jeux que j’aime bien sont ceux qui peuvent faire mal. Des cartes qui se remplissent, nous poussant à chercher le trou optimal. Des économies qui s’effondrent. Le coup d’un adversaire, si bien orchestré, qui t’empêche de bien faire le tien. Orloj ne produit rien de tel. C’est assez séquentiel et ouvert sans restriction : on tourne, on convertit, on chaîne les actions et on passe. Les jeux euros modernes semblent prendre cette tournure d’ailleurs : c’est poli et lisse, retirant tout blocage réel pour nous permettre de faire un max de points toujours.

Ce dont on semble se souvenir le plus de nos parties dans ce jeu, c’est cette manipulation constante de la roue, et oui elle tourne en titi ! Est-ce qu’après quelques parties le jeu s’essouffle ? Est-ce qu’on y retrouve de la profondeur, d’autres avenues ? J’ai un doute, à voir dans le temps.

Partie en cours

SOLO

Le mode solo nous oppose à ce Josef Mánes justement. Très bien conçu et original, avec une maintenance très simple et rapide une fois bien saisie. On sait ce qu’il va jouer à son prochain tour : il fait 2 actions, et s’il réussit à les faire, il obtient un bonus de progression de livre et plein de points, nous forçant presque toujours à, à notre tour, lui bloquer au moins une de ses 2 actions, concept fort intéressant. On fait face à des situations déchirantes parfois. Bravo !

Source : BGG

FICHE TECHNIQUE
Nombre de parties jouées : 3 (solo et à 2 joueurs)
Meilleure configuration de joueurs : 3
Niveau : joueur averti (Complexité BGG : 3.57/5)
Mon meilleur pointage : 133
Prix : 87$CAN

MES PREMIÈRES IMPRESSIONS
J’ai aimé :
­>> Le système de double rondelle (voir triple) très bien pensé et très jolie !
>> Le visuel vraiment attirant
>> Beaucoup de matériels de qualité pour le prix
>> Thème bien intégré

J’ai moins aimé :
>> Plusieurs symboles et pas d’aide de jeu
>> On peut attendre un certain temps entre les tours, sujet à la paralysie
>> Mise en place assez fastidieuse
>> Règles qui peuvent s’oublier après un certain temps
>> C’est quoi cette pièce inutile pour tenir le cube centré sur la carte marteau ?
>> Ne réinvente rien, à ma déception, car la hype d’Essen semblait en dire autrement

Un poids moyen visuellement époustouflant, dont le thème de l’horloge astronomique de Prague se traduit élégamment en mécaniques de rondel et de pose d’ouvriers, moins complexe qu’il en a l’air, malgré une mise en place complexe, et très satisfaisant à jouer grâce à des combos qui s’enchaînent naturellement.

FACTEUR FUN : 🙂🙂🙂


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