The Old King’s Crown (2025) – Somptueux et exigeant


Dernière modification 5 novembre 2026 par Jarjar

Il y a des jeux qui attirent notre attention par leur mécanique, d’autres par leur matériel et certains simplement par leur réputation. The Old King’s Crown réussit à réunir les trois. Depuis sa sortie, le jeu de Pablo Clark fait beaucoup parler de lui dans la communauté ludique et s’est rapidement taillé une place parmi les belles surprises de ces dernières années.

Mais derrière ses illustrations absolument magnifiques et son univers médiéval fantastique se cache un jeu d’affrontement particulièrement exigeant, où stratégie, bluff, anticipation et coups de cochon se côtoient pour offrir des combats aussi tendus qu’impitoyables.

Source : BGG

Un aperçu de ce royaume à conquérir

Dans The Old King’s Crown, le vieux roi est mort et son royaume est laissé sans souverain. Plusieurs factions convoitent maintenant le trône et chacune tente de prendre le contrôle des différentes régions du royaume.

Le jeu propose une expérience de conquête et de contrôle de territoires dans laquelle les joueurs incarnent des factions asymétriques. Chacune possède ses propres particularités, ses capacités et sa façon d’aborder les combats.

Mes premières impressions

Oui, j’arrive un peu tard avec cette revue, alors que le buzz autour du jeu s’est quelque peu estompé. Cela dit, avec une deuxième campagne Gamefound, qui s’est terminée plus tôt cette année et qui proposait notamment un reprint ainsi qu’une deuxième extension prévue pour 2027, The Old King’s Crown continue manifestement de susciter beaucoup d’intérêt dans la communauté ludique !

Dès la lecture des règles, on découvre un magnifique livre, très bien édité et réalisé, avec plusieurs exemples. Un format dont on devrait s’inspirer! Il donne clairement le goût d’y jouer, et je me suis demandé pourquoi j’avais laissé ce jeu dormir si longtemps sur ma tablette!

Au cœur du jeu, on retrouve un système de cartes (style jeu de bataille) qui permet de déployer ses partisans dans les différentes régions, de préparer des affrontements et de tenter de prendre le dessus sur ses adversaires. Mais attention : les cartes sont jouées face cachée, et les intentions des autres joueurs ne sont pas toujours faciles à deviner. Les visages de poker s’agitent, et c’est une bonne part du charme du jeu.

Il faut constamment évaluer les risques, anticiper les mouvements adverses et choisir le bon moment pour frapper. Je trouve fascinant de voir à quel point le jeu réussit à créer cette tension ! Une région que l’on croyait acquise peut rapidement changer de mains, et une stratégie soigneusement planifiée peut s’effondrer à cause d’un seul mauvais coup. Bref, rien n’est jamais gagné d’avance dans The Old King’s Crown, et c’est justement ce côté imprévisible et parfois cruel qui rend les affrontements aussi savoureux !

Le jeu ne se limite toutefois pas aux affrontements. La gestion des ressources, les Conseils, les cartes spéciales et les capacités propres à chaque faction viennent ajouter plusieurs couches de profondeur et de décisions. Les cartes que l’on choisit d’utiliser au combat ne pourront pas nécessairement servir à autre chose : il faut donc constamment évaluer ses priorités. Et même lorsque les affrontements tournent mal, il existe d’autres façons de tirer son épingle du jeu, notamment en développant son influence dans les Conseils ou en accumulant du Lore pour renforcer sa faction. C’est un aspect que j’apprécie particulièrement : ici, il faut savoir s’adapter aux circonstances plutôt que de s’accrocher obstinément à son plan initial.

Les cartes Royaume sont également riches et variées. Elles offrent des pouvoirs particuliers, des avantages parfois surprenants et une foule de petits effets qui viennent renouveler les possibilités stratégiques. Elles contribuent à rendre les parties différentes les unes des autres.

Et que dire de la direction artistique ! Le jeu est absolument sublime, avec une production de grande qualité. C’est une véritable œuvre d’art, aussi agréable à découvrir qu’à contempler !

Source : Games Night Guru

FAITS SUR LE JEU
Pablo Clark a consacré environ six ans à la conception du jeu.

Tout a commencé avec un simple paquet de cartes : La toute première version a été créée pour un voyage de camping dans les Highlands écossais, afin d’avoir un petit jeu facile à transporter et à jouer à la lumière d’une lampe de poche. Ce n’est définitivement plus le cas =)

L’influence de Cole Wehrle : Le concepteur de Root et Oath, avec Patrick Leder et l’équipe de Leder Games, a participé à une période importante du développement en testant des prototypes et en proposant des pistes d’amélioration.

Un développement en tandem avec les illustrations : Pablo Clark est à la fois le concepteur et l’illustrateur du jeu. L’univers graphique et les mécaniques ont évolué ensemble plutôt que d’être développés séparément. Il a expérimenté environ cinq styles graphiques différents sur une période d’environ neuf mois avant de trouver l’identité visuelle définitive.

L’éditeur Eerie Idol Games a été fondé par Pablo Clark et Andrew McKelvey. L’entreprise a été officiellement lancée en avril 2022.

Contenus supplémentaires

Il existe également un guide de stratégie ainsi qu’un guide pour enseigner les règles sur BGG. Les deux sont particulièrement bien conçus, avec une présentation claire, une excellente organisation et de nombreuses illustrations, dans le même esprit que le livre de règles.Un extra bien apprécié, qu’on voit rarement.

Voici un exemple tiré du guide de stratégie

Ne négligez pas l’Attrition
Valorisez les régions des Basses-Terres : Le guide recommande d’utiliser stratégiquement ces lieux, car ils possèdent des effets spécifiques permettant de faire cycler ou de « sauver » vos cartes (les renvoyer en main ou éviter qu’elles finissent dans la pile des cartes perdues après un effet Mortel).

Ne brûlez pas vos cartes : Ne cherchez pas à gagner absolument tous les affrontements. Parfois, concéder un territoire ou utiliser une carte Ruse! pour battre en retraite est le meilleur moyen de préserver votre économie de cartes pour les rounds décisifs.

Source : BGG

EXTENSIONS

Deux extensions sont à venir en 2027

Le Royaume Sauvage (The Waking Kingdom), est une boîte de modules optionnels destinée aux joueurs expérimentés. Elle permet de modifier profondément vos parties en y ajoutant, à la carte, des éléments insolites comme une ville mobile sur le plateau, une faction d’aéronautes ou des créatures légendaires.

Songs of Home ,est une extension plus traditionnelle et dite comme harmonieuse. Elle élargit simplement les horizons du jeu de base en introduisant de toutes nouvelles factions jouables et un plateau Cité, ajountat de la variété dans les affrontements sans alourdir les règles.

MODE SOLO

Le mode solo de The Old King’s Crown permet d’affronter un adversaire automatisé appelé le Simulacrum (ou simplement Sim), co-développé par Richard Wilkins, l’auteur de l’excellent Deckers ! Ce n’est donc pas négligeable !

Je ne l’ai pas encore essayé, mais j’ai bien l’intention de m’y attaquer prochainement. À première vue, le défi semble assez relevé, avec un livre entièrement consacré à cet automa, qui offre même différentes possibilités de personnalisation. Je compte bonifier cette section après l’avoir essayé, bien sûr !

FICHE TECHNIQUE
Nombre de parties jouées : 1 (à 3 joueurs)
Niveau : joueurs avertis (Complexité BGG : 3.7/5)
Meilleur configuration de joueurs : 3
Prix : 138 $ CA
Campagne Kickstarter : 7095 backers pour 435 155 £
Campange Gamefound, deuxième impression et l’extension Songs of Home : 24 441 backers pour 3 774 533 £

MES IMPRESSIONS
J’ai aimé :
>> Les illustrations, l’univers médiéval-fantastique et la qualité de production sont époustouflants
>> L’interaction entre les joueurs : les affrontements, les bluffs, les alliances temporaires et les coups fourrés créent une expérience très interactive où il faut constamment surveiller ses adversaires
>> La profondeur stratégique : derrière ses mécaniques de cartes et de contrôle de territoire se cache un jeu rempli de subtilités, de décisions difficiles et de possibilités tactiques qui se dévoilent au fil des parties
>> Une bonne rejouabilité
>> Les livres de règles, de stratégie et le guide d’enseignement sont absolument magnifiques, avec des exemples clairs. Une référence dans le domaine!

J’ai moins aimé :
>> Une courbe d’apprentissage assez costaude, mais comme pour bien des jeux, une fois les règles assimilées, tout roule bien !
>> Une quantité importante de texte à lire sur les cartes. À cela s’ajoutent plusieurs effets qui peuvent se cumuler au fil de la partie. On a parfois tendance à en oublier certains, ce qui demande une bonne dose de concentration et de vigilance.

19

Un jeu d’affrontement asymétrique magnifiquement édité, riche en interactions et en profondeur, mais qui demande un bon investissement, une certaine tolérance au chaos et un groupe de joueurs qui aime se tapper dessus.

FACTEUR FUN : 🙂🙂🙂🙂🙂


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